Quel est le sens du titre de votre dernier album « Three Cheers For Sweet Revenge » ?
Frank : Ca remonte à notre adolescence alors qu'on nous disait que l'on n'allait jamais réussir ou que ça n'allait jamais marcher. Les gens voulaient qu'on garde notre job parce qu'on n'était pas assez bon. Grandir dans le New Jersey, jouer des concerts et être un tout petit groupe, tout cela a fait qu'on avait l'impression de devoir prouver qu'on en était capable de faire mieux qu'un petit groupe à tous ces gens mais aussi à nous même. Les Three Cheers c'est un peu un sentiment de réussite par rapport à cette revanche.
Vos paroles semblent très tristes sur le dernier album. Que vous est il arrivé ?
Frank : Je pense qu'elles sont tristes, mais pas tant que ça.
Mikey : Oui je crois que c'est bon mix. C'est un mélange entre notre sentiment quand on est arrivé et deux décès. En fait on était super excité à l'idée d'aller à LA et quand on est arrivé ça fait un choc. Je crois que c'est un choc des cultures entre la côte est et la côte ouest. Tu arrives et tu es là « Waouh mec ». Tout est vraiment différent à LA. Les gens ont une mentalité différente. Leur but est arrivé le plus haut possible en utilisant ses relations.
Frank : Il y a plein de personnes fausses à LA.
Mikey : Et puis deux personnes que Gerard et moi connaissons, sont décédées l'année dernière. La première, c'est notre grand-mère et la deuxième, c'est la meilleure amie de notre mère. C'est arrivé en deux semaines. Et ça mixer avec notre départ pour LA où on s'est retrouvé loin de nos familles et amis. C'est de la que vient la tristesse des chansons qu'on a écrites à ce moment.
D'où vous est venu l'idée d'introduire un piano dans « The Jet Set Is Gonna Kill You » ? Est-ce que l'un de vous joue du piano ?
Frank : Oui, c'est notre producteur Howard Benson qui joue du clavier dans cette chanson. Il y a d'autre chanson où le piano est présent mais c'est moins flagrant. Mais je trouve que ça sonne bien. J'aime bien cette idée.
L'introduction de votre premier album “I Brought You My Bullets, You Brought Me Your Love”, “Romance” est tirée d'un film français « Jeux Interdits ». Le Saviez vous ? Avez-vous vu le film ?
Mikey : Ah bon. Non, on ne savait pas. C'est Ray, qui est un grand fan de guitare classique, qui avait ce morceau sur un CD. Il nous l'a joué dans sa chambre et nous l'a proposé comme intro de l'album. On était tous d'accord.
Qui est Helena, la personne dont vous parlez dans la première chanson de « Three Cheers For Sweet Revenge » ?
Mikey : Notre grand-mère.
Pourquoi avez-vous du changer de label ? Quel était le problème avec Eyeball Records ?
Frank : Parce que l'on voulait passer à une étape supérieure. On voulait que l'album soit disponible pour plus de fans. C'était le bon moment, on voulait évoluer. Avant la sortie de notre premier album, on a été approché par plusieurs labels. On voulait faire un nouvel album. Après une longue tournée, on était prêt à faire le grand saut. Et Warner est arrivé à ce moment là. On s'est bien entendu avec eux. On a décidé de changer de label. Ils nous ont laissé carte blanche.
Mikey : A la première approche, on était trop jeune. On avait formé le groupe, ce n'était pas le bon moment. Donc on a préféré un label plus petit. La seconde était la bonne.
Est-ce que le fait que The Used était chez Warner vous a influencé ?
Frank : Non pas du tout. Ca ne s'est pas passé comme ça. C'est une coïncidence.
Mikey : C'est ça, c'est une coïncidence. Mais quand on s'est retrouvé avec The Used, on était « Waouh vous aussi vous êtes là ». Warner nous a contacté avant que l'on rencontre The Used.
En 2002, vous avez sorti “I Brought You My Bullets, You Brought Me Your Love”. Vous êtes devenu un group connu rapidement. Aujourd'hui des groupes sont influencés par votre musique. Comment le prenez vous ?
Frank : C'est flatteur. Mais au début notre but, c'était de jouer de la musique et faire des concerts. On a réalisé que peut être quelque part on faisait un peu la différence, qu'il y avait quelque chose de bien dans le groupe. Et notre but est devenu dans un sens de changer un peu le monde en mieux. Si on peut jouer de la musique que l'on aime, que l'on peut aller dans des pays que l'on aurait jamais vu sinon, et que l'on voit des kids que l'on aurait jamais rencontré et qui sont influencés par notre musique, c'est que dans un sens on a changé le monde. Si quelque chose de bien sort du groupe tant mieux. Tu ne peux rien demander de plus. Pour quatre gamins du New Jersey, c'est presque ridicule de se retrouver là. Je n'aurais jamais imaginé que ce serait arrivé.
Est-ce que le fait d'être connu a changé votre vie de tous les jours ?
Frank : Connu je ne sais pas. Qu'est ce que tu entends par connu ?
Les gens vous arrêtent dans la rue, disent « Oh regarde c'est le guitariste de My Chemical Romance » et vous demandent un autographe.
Frank : Ca arrive de temps en temps. Ca arrive plus souvent quand on est dans le New Jersey. C'est rare quand on n'est pas dans notre région.
Mikey : C'est souvent dans les supermarchés ou les magasins. Mais ça n'a pas changé notre style de vie parce que ce n'est pas arrivé au point où on a peur de sortir à cause des fans.
Frank: Parfois quand ça devient bizarre, tu espères que les gens respectent ton intimité. C'est arrivé que des gens ne respectent pas ton espace vitale et là ça devient très bizarre. Mais c'est quand même agréable qu'on nous demande un autographe. Ca veut dire que ton groupe est reconnu. Les gens t'apprécient. Il y a un moment et un lieu pour tout.
Que préférez vous dans le fait d'être dans un groupe ?
Frank : On aime tout. Ecrire, enregistrer mais c'est vrai qu'on est vraiment un groupe de live.
Mikey : On adore faire des grandes tournées.
Frank : Oui mais on fait quand même des CDs pour pouvoir avoir quelque chose à jouer en live (rires) .
Quel est votre meilleur souvenir dans le groupe ?
Frank : Pour moi, c'est quand on enregistrait cet album. J'ai pu rencontrer Keith Morris qui chante dans Black Flag. Il a même chanté sur notre album. C'était impressionnant pour moi. Je ne sais pas combien de fois j'ai joué les chansons des Black Flag mais c'est énorme. On était totalement bourré quand Keith est arrivé. Et je crois qu'il a eu peur.
Mikey : Moi je crois avoir rencontré tous les musiciens que je voulais rencontrer. On a rencontré Björk quand on a enregistré un peu à New York. Elle marchait vers moi et je ne pouvais pas bouger. Elle m'a regardé bizarrement et elle est partie.
Vous faites partie d'un album tribute aux Smashing Pumpkins. D'où vient cette idée ?
Mikey : Ah oui, on était supposé être dessus. On me pose souvent la question. Je pense que quelqu'un a parlé alors qu'il n'aurait pas du. Mais si on fait quand même partie de l'album, on le fera parce que chaque membre de notre groupe est un grand fan des Smashing Pumpkins. On a été vraiment honoré par la proposition de leur label de faire partie d'un album tribute qui leur était dédié.
Frank : Le problème, c'est que l'on ne sait pas laquelle prendre. Il y en a trop.
Vos plans pour l'année prochaine ?
Mikey : Mec, on va être sur la route jusqu'à Noël.
Frank : Mais après je crois que l'on va retourner en studio. A cette époque en 2006, on sera entrain d'enregistrer.
Un mot sur le procès de Mickael Jackson. Coupable ou non ?
Mikey : Je suis allé dans un café en Allemagne. Je comprends rien à ce qu'ils disent. Mais il y avait deux filles qui parlaient et j'ai entendu « Kinder Sex » et « Mickael Jackson » (rires). Je ne savais pas ce qu'il se passait mais ça m'a beaucoup fait rire.
Frank : Je ne suis pas sur mais je pense qu'il est coupable. Ce n'est pas la première fois qu'on lui reproche.
Peut être un dernier mot pour vos fans français...
Mikey : Restez à l'école (rires).
Frank : J'aimerais leur dire quelque chose en français. Mais je ne connais rien en français.
Mikey : Appréciez Paris parce que nous, on n'aura pas le temps de vister. Alors visitez pour nous.
Frank : Amenez moi Mona Lisa que je puisse la regarder tranquillement dans un fauteuil (rires).
loooooooooool
merci à eux pour cette interview:)